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Le 20 novembre 2008, à 21h30 - Cinéma d’ATTAC à l’Arenberg

PLUIE NOIRE de Shohei IMAMURA

LE GRAND DÉBAT : « POURQUOI LA BELGIQUE RESTE-T-ELLE LA VASSALE DES ÉTATS-UNIS...? »


Le jeudi 20 novembre
21 heures 30, à l’Arenberg

le Cinéma d’Attac
et la Coordination Nationale d’Action pour la Paix et la Démocratie

présentent à l’occasion du 40ème anniversaire du Traité de non-prolifération nucléaire

PLUIE NOIRE de Shohei IMAMURA

Le 6 août 1945,
La première bombe atomique de l’Histoire vitrifie Hiroshima…
Un film bouleversant sur l’apocalypse

dès 20 heures 30

LE GRAND DÉBAT

OTAN, BOMBES NUCLÉAIRES, PASSAGES DES TROUPES US SUR SON SOL...

« POURQUOI LA BELGIQUE RESTE-T-ELLE LA VASSALE DES ÉTATS-UNIS...? »

avec notamment Benoît CALVI de l’association « VredesActie »
et Pol D’HUYVETTER,
coordinateur de « Mayors for Peace »


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UN CRIME ATOMIQUE
Le 6 août 1945, la première bombe atomique vitrifie Hiroshima. Trois jours plus tard, une seconde bombe nucléaire pulvérise Nagasaki.
Bien qu’Hiroshima fût connu pour être une base militaire, la ville nippone avait été épargnée jusque-là. On estime que la population résidante y était de 350.000 personnes au moment du bombardement –si on tient compte des 45.000 militaires restés sur place, des 20.000 travailleurs forcés (coréens et chinois), ainsi que des prisonniers de guerre américains.

6 août 1945 à 8 heures 15 et dix-sept secondes : à son point d’impact, la bombe atomique (d’une longueur de trois mètres, d’un diamètre de 70 centimètres et d’un poids de trois tonnes) dégorge une température de 4.000 degrés pendant une interminable seconde. Tous les êtres vivants, qui se trouvent au centre de l’explosion, se consument intégralement. Perçue dans un périmètre de 40 kilomètres, une onde de choc cataclysmique se met à détruire la ville –en excitant des tempêtes de feu attisées par des vents dépassant les 250 km/heure.
Après l’explosion, une pluie noire, poisseuse et huileuse s’abat sur Hiroshima. Cette « retombée » nucléaire –formée lors du refroidissement de la boule de feu sous l’effet de la condensation de l’eau autour des particules radioactives– colle littéralement à la peau et aux vêtements des victimes. Au total, plus de deux cent mille personnes décèdent au cours des mois qui suivent. Evidement, le gouvernement américain tentera d’entraver les reportages sur les conséquences du feu atomique et de se soustraire à ses responsabilités vis-à-vis des victimes. Des études sur le martyre des survivants furent certes commandées jusqu’au Traité de paix de San Francisco, entré en vigueur en 1952, mais leurs conclusions ne seront lâchées qu’au compte-gouttes.

UN DES PLUS GRANDS. A l’occasion du quarantième anniversaire du Traité de non-prolifération nucléaire, Attac-Bruxelles (de concert avec la CNAPD) a donc décidé d’organiser une soirée-événement avec la projection exceptionnelle d’un des plus grands films de l’Histoire du cinéma, Pluie noire, du Japonais Shohei Imamura.
Sorti en 1989, Pluie noire est une œuvre sidérante, il n’y a pas d’autre qualificatif. Imamura, avait certes remporté la Palme d’Or à Cannes (en 1983) pour La ballade de Narayama. Six années plus tard, Pluie noire assombrira soudain l’éclat de la fête cannoise au point que le film (trop ravageur, trop douloureux) devra se contenter d’un prix subalterne, tant sa violence dépouillée aura eu l’effet d’une bombe…
Désir inassouvi (1958), Cochons et cuirassés, La Femme insecte, Désir meurtrier, Le Pornographe, L’Evaporation de l’homme, Profonds désirs des dieux, L’Histoire du Japon racontée par une hôtesse de bar (1970) : les titres des premiers longs métrages d’Imamura nous montre un monde de frustrations et d’enfermement, un monde en marge de l’histoire officielle, un monde opprimé dont les aspirations se heurtent violemment aux règles sociales. Né à Tokyo en 1926, Shohei est le fils de médecin qui a vécu la défaite du Japon comme une libération : « Quand l’empereur l’annonça à la radio, j’avais 18 ans, et c’était fantastique : enfin libres ». Jeune témoin d’un Tokyo en ruines, marqué par la pauvreté d’après-guerre, il est attiré par les voyous, les bars et leurs entraîneuses, tirant volontiers le diable par la queue. De fait, le monde des putes restera la figure centrale de son cinéma.
Mais son autre grande source d’inspiration sera la dénonciation de l’oppression américaine. Ainsi Pluie noire où la démarche d’Imamura est limpide : le récit ne semble voué qu’à l’élaboration sophistiquée d’un univers fermé sur lui-même, susceptible de fonctionner seul, en dehors des structures formelles du cinéma. Le petit village s’organise progressivement autour d’un certain nombre de rituels (la pèche, les crises de folie d’un ancien combattant, la recherche d’un mari…) qui soudent la communauté et en font une sorte d’ordre parallèle. Cette insoumission de l’ordre humain à l’ordre cinématographique finit par contaminer toutes les structures du récit. Le film, dans sa description précise de la résistance des hommes face au désastre post-atomique, semble dès lors se nourrir exclusivement de la résurgence de ces instants fédérateurs que sont les enterrements ou les messes noires de la voyante locale. Le contraire de ce que l’on pourrait s’attendre à voir s’agissant de la bombe : Shohei Imamura a préféré l’intime au spectaculaire, la discrétion à la virulence. Ses personnages vivent leur destin sans se rebeller, ils l’acceptent avec fatalité et pudeur. Après une séquence décrivant les souffrances des victimes directes d’Hiroshima, vision d’apocalypse reconstituée et insoutenable, le réalisateur s’attache à décrire le calvaire de ceux qui ont été condamnés à une mort lente. Sans effets spéciaux, sans cris ni larmes. Dans une lenteur austère et sublime.

LA BELGIQUE S’ENTÊTE… Pluie noire ? Présentement, l’armée américaine dispose toujours d’un stock de près d’un demi-millier de bombes atomiques en Europe. Il s’agit d’armes nucléaires tactiques de type B61, d’une puissance qui peut varier de 0,3 à 350 kilotonnes. Conçus pour être lancés par avions, ces engins de mort sont répartis sur huit bases situées dans six pays, dont la Belgique. Pour ce qui concerne les 20 têtes nucléaires se trouvant à Kleine Brogel, elles ont une puissance de destruction 200 fois supérieure –200 fois– à celle de la bombe lancée sur Hiroshima.
Autant dire que la soirée atomique à laquelle nous vous invitons le jeudi 20 novembre ne sera pas que culturelle.

Jean FLINKER

ARENBERG
26 Galerie de la Reine

Japon 1989 Durée 123 minutes Prix d’entrée 6,6 euros y compris pour le débat (Article 27 : 1,25 euro)

Mail bxl 1@attac.be http://bxl.attac.be Téléphone 0494 / 808 854

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