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Plate-Forme : contre le projet de chasse aux chômeurs & pour la création de vrais emplois pour tous

Cette plate-forme a été approuvé par l’assemblée générale d’Attac-Bxl 1 du 25 mars

Nous invitons les membres et sympayhisant à adhérer individuellement à la plate-forme afin que le gouvernement retire son projet antisocial : plate-forme STOP chasse aux chômeurs et à diffuser celle-ci un maximum.


Créer 200.000 emplois ou exclure 200.000 chômeurs ?

Lors de sa formation, le Gouvernement Verhofstadt-Onkelinx bis a promis la création de 200.000 emplois. Aujourd’hui, à défaut d’en avoir créé un seul, le Gouvernement propose de mettre en place un « contrôle renforcé des chômeurs ». Après 15 à 21 mois, le chômeur (sauf les ALE, les temps partiels et, jusqu’en 2007, les plus de 50 ans) serait convoqué par l’ONEM pour un premier entretien. Dès ce moment il serait tenu d’apporter la preuve qu’il fournit sans cesse « suffisamment d’efforts pour trouver un emploi ». Si au terme de la procédure « l’ONEM estime qu’il n’a pas fourni assez d’efforts [...] il s’ensuivra une privation totale du droit aux allocations » (Cf. textes sur le site http://www.vandenbroucke.com à la rubrique : « Thèmes - Chômeurs : meilleur suivi »). Le pointage, qui serait supprimé d’ici la fin 2004, serait remplacé par un mécanisme de contrôle personnalisé des chômeurs.

Ce projet doit être dénoncé : créer 200.000 emplois ce n’est pas exclure 200.000 chômeurs ! Le taux de chômage atteint aujourd’hui de nouveaux sommets. Il n’y a qu’1 offre d’emploi pour 16 demandeurs en Belgique et 1 pour 32 demandeurs en Wallonie !

Exclure les chômeurs pour baisser les salaires ?

La réglementation actuelle prévoit déjà de lourdes sanctions (1 à 52 semaines sans toucher d’allocations de chômage) pour les chômeurs qui refusent un emploi ou une formation. Pour vérifier la disponibilité des chômeurs sur le marché du travail, il n’est donc pas nécessaire d’ajouter de nouvelles dispositions.
Le but véritable du projet est de faire pression sur les chômeurs, de les culpabiliser et de les persuader qu’ils sont responsables de leur chômage. Si jusqu’ici les employeurs sont obligés d’offrir des conditions de travail au minimum attractives par rapport à l’indemnité de chômage, le projet de « chasse aux chômeurs » mettrait les travailleurs en concurrence avec une nouvelle armée de sans-droits.

La menace d’exclusion aura pour conséquence d‘encore dégrader les conditions de travail : les chômeurs seront contraints d’accepter n’importe quel emploi, toujours plus précaire (intérim, temps partiel) pour un salaire toujours plus bas et avec de moins en moins de protection sociale (faux indépendants etc.).

Loin de créer des emplois de qualité, le Gouvernement crée un grand marché de l’emploi dérégulé, conformément au projet de l’Union européenne ultra-libérale qu’il soutient et qui se construit au fil des ans. Il s’agit finalement de remettre en cause tous nos droits sociaux en s’y attaquant tranche par tranche : hier aux minimexés, aujourd’hui aux chômeurs, demain aux (pré)pensionnés puis à l’ensemble des salariés...

C’EST L’EMPLOI QUI EST INDISPONIBLE, PAS LES CHOMEURS !

NOUS,
TRAVAILLEURS ET TRAVAILLEUSES, AVEC OU SANS EMPLOI, ALLOCATAIRES, PENSIONNE(E)S, SYNDICALISTES, CITOYEN(NE)S, ASSOCIATIONS ET ORGANISATIONS, DEMANDONS AU GOUVERNEMENT LE
RETRAIT DU PROJET DE « CHASSE AUX CHOMEURS » ET LA CREATION D’EMPLOIS DE QUALITE.

  • NOUS REFUSONS DE FAIRE PORTER SUR LES CHOMEURS LA RESPONSABILITE DU CHOMAGE. Exclure les chômeurs, sous prétexte qu’ils ne trouvent pas ce qui n’existe pas, ce serait punir une seconde fois les victimes du chômage. Les rejeter vers l’assistance et la misère, c’est y conduire la société entière. Ce sont les employeurs, pas les travailleurs, qui décident de fermer les entreprises. C’est le gouvernement, pas nous, qui favorise la finance contre la croissance et l’emploi (amnistie fiscale des fraudeurs, réduction d’impôt pour les plus hauts revenus, ristournes de cotisations sociales pour les entreprises).
  • NOUS REFUSONS CE PROJET, DONT LE BUT VERITABLE N’EST PAS DE CREER DE L’EMPLOI, MAIS DE FAIRE BAISSER L’ENSEMBLE DES SALAIRES ET DES CONDITIONS DE TRAVAIL. Nous ne cautionnons ni le travail au noir ni les abus, mais nous estimons qu’ils peuvent être combattus dans le cadre de la réglementation actuelle et qu’il faut d’abord sanctionner les patrons fraudeurs avant de menacer les moyens de survie des chômeurs. Nous ne voulons pas que nos enfants puissent un jour nous demander : « pourquoi avais-tu des droits que je n’ai plus ? ».
  • NOUS REFUSONS QUE LE GOUVERNEMENT TRANSFORME LE DROIT AU CHOMAGE EN UNE FORME CARITATIVE D’ASSISTANCE PUBLIQUE, arbitrairement octroyée ou retirée d’après le critère vague des « efforts suffisants pour trouver un emploi », et sur base de « preuves » impossibles à trouver. Fonder nos droits sur des notions aussi floues, susceptibles d’interprétations de plus en plus restrictives, ce serait saper le principe même de la sécurité sociale.
  • NOUS REFUSONS DE DEVOIR CHOISIR ENTRE L’INDEMNISATION DES CHOMEURS, LES SOINS DE SANTE OU LES PENSIONS ET PREPENSIONS. A l’heure des réductions massives de cotisations sociales des entreprises, des cadeaux fiscaux aux plus hauts revenus et de l’amnistie fiscale pour les fraudeurs, nous refusons l’idée de devoir démanteler une partie de la sécurité sociale pour en sauvegarder une autre.
  • NOUS APPELONS L’ENSEMBLE DES PROGRESSISTES A CONSTRUIRE UN LARGE FRONT POUR LE REJET DE CE PROJET ET A S’Y OPPOSER PAR TOUTES LES VOIES UTILES. Nous organiserons ou prendrons part, dans la mesure de nos moyens, aux actions de sensibilisation menées en ce sens.

plus d’infos sur STOP chasse aux chômeurs

Supprimer l’article 80 ?

Depuis de nombreuses années, le monde associatif et syndical demande la suppression de l’article 80, qui limite dans le temps le droit aux allocations de chômage des cohabitant(e)s. Cette mesure ne vise pas à exclure le chômeur qui refuserait un emploi : c’est le temps qui passe qui vous exclut !
Le Gouvernement prétend aujourd’hui supprimer cette disposition. En réalité, le projet de « chasse aux chômeurs » étend cette logique d’exclusion à tous les travailleurs sans emploi, en les obligeant à justifier constamment leurs efforts pour trouver un emploi ... qui n’existe pas !

Je n’ai pas protesté...

Quand ils ont supprimé le droit au minimex(*), en 2002,
je n’ai pas protesté.

Je me suis dit : « je ne suis pas minimexé. C’est normal que ces gens-là doivent travailler comme tout le monde. »

Quand ils ont lancé la chasse aux chômeurs, en 2004,
je n’ai pas protesté.
Je me suis dit : « je ne suis pas chômeur. Le gouvernement dit qu’il faut bien choisir entre le droit au chômage et les pensions ... tant pis pour les chômeurs ».

Quand ils ont réduit à rien le droit à la prépension (en 2005 ?),
je n’ai pas protesté.
Je me suis dit : « par rapport à mon fils qui est sans emploi depuis 15 mois, et qui va perdre ses allocations, je peux m’estimer heureux »

Quand mon fils, qui n’avait pas de minimex, qui n’existe plus, a été contraint d’accepter un emploi à temps partiel variable à 400 € par mois,
je n’ai pas protesté.

Quand mon patron m’a dit qu’il devait baisser mon salaire, parce qu’à 63 ans l’on est moins productif et que, si je n’étais pas content, il y avait des jeunes à 400 € qui seraient heureux d’avoir ma place,
j’ai voulu protester.

Mais il n’y avait plus personne pour protester avec moi.

(d’après un texte de M. Niemöller)

(*) pour le remplacer par le « droit à l’intégration sociale »


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