% ATTAC - Bruxelles 1 %
Accueil > Articles et documents > Emploi et social > action policière brutale - témoignage

expulsion forcée des sans-papier occupant l’église d’Anderlecht

action policière brutale - témoignage

mardi 4 juillet

par Tom


Averti de l’évacuation manu militari des occupants sans-papiers de l’église d’Anderlecht, qui s’est déroulée à 6h du matin, je me rends à vélo devant le commissariat (rue Demosthène) où les sans-papiers ont été amenés. Quand j’arrive sur les lieux vers 15h, il y a déjà une trentaine de personnes pour empêcher le transfert des sans-papiers arrêtés vers les centres fermés. D’autres nous rejoindront ensuite. Le curé de l’église est présent, désapprouvant totalement l’opération de la police.

Un car de la police attend devant le commissariat et l’entrée de ce dernier est protégée par une escouade de gros bras de la police. On tente de dégonfler les pneus du car avec demi-succès. Vers 16h30-17h un autre car de la police s’approche du commissariat et essaye de pénétrer dans la cour de celui-ci. Toutes les personnes font front pour empêcher le car d’avancer. La police se met alors en action et repousse avec violence les manifestants, distribuant les coups de genoux. Agrippé par les cheveux, je suis vite plaqué au sol avec 3 mastodontes pour me maîtriser puis me menotter. Ils ne font pas dans la dentelle, une fois dans l’enceinte du commissariat, les insultes pleuvent (connard, clochard, sale chômeur, tu fais moins le malin maintenant...), je suis traîné à même le sol (et les escaliers) jusqu’à la cellule puis projeté contre le mur avant d’être délesté de mes papiers d’identité, de ma ceinture, mes sandalettes, ...
Dans le cachot, un camarade de la FGTB m’a précédé de quelques secondes. Deux autres manifestants nous rejoindront bien vite pour un séjour de quelques heures. On entend au dehors la résistance qui continue.
Quand je sors de cellule, aux alentours de 20h, les sans-papiers ont été transférés vers les centres fermés, avec le concours des autopompes pour disperser les manifestants (moins de 100 au total). Une des personnes arrêtées pendant l’échauffourée de l’après-midi est sous arrestation judiciaire, pour "coup et blessure", apparemment.

Je m’en sors au final avec quelques petits bobos, mais pour les 48 personnes interpellées ce matin, 45 ont été conduites vers des centres fermés (Vottem, Bruges et Merksplas) avant d’être prochainement expulsées vers leur pays d’origine, sur décision de l’Office des étrangers. Parmi les personnes qui seront expulsées, figurent quatre femmes et quatre enfants. Une personne sera directement rapatriée vers son pays d’origine dès ce mardi soir à partir de l’aéroport national de Zaventem...

plus d’info :

Parmi le groupe de personnes rassemblées rue Demosthène, figuraient les députés fédéraux cdH et Ecolo Benoît Drèze et Marie Nagy. Pour eux, l’évacuation des sans-papiers au lendemain du vote en comission de l’Intérieur de la Chambre sur le droit d’asile n’est pas un hasard. L’arrêté a été pris par le bourgmestre le 29 juin dernier mais n’a été exécuté que ce mardi. Des places ont été libérées en centre fermé, notamment dans l’aile familiale à Vottem. Les sans-papiers avaient choisi les églises comme lieux de protection. Il fallait respecter ce choix, a dit Benoît Drèze


SPIP