% ATTAC - Bruxelles 1 %
Accueil > Articles et documents > Emploi et social > Motion de solidarité avec les ouvriers de Volkswagen Forest

Motion de solidarité avec les ouvriers de Volkswagen Forest


Attac partage la colère justifiée des travailleurs de l’usine de Volkswagen Forest face à la décision scandaleuse de la direction allemande de supprimer quelque 4.000 emplois.

Elle estime, comme bon nombre de délégués syndicaux, que cette mesure fait partie d’un plan pour fermer définitivement le site en deux étapes. Il est clair que maintenir une production de 60.000 voitures par an réalisée par 1.500 ouvriers n’est pas viable à terme. Mais il est plus aisé d’opérer en deux phases : cela permet de diviser les travailleurs et de laisser un faux espoir sur une éventuelle reprise de l’activité.

Attac soutient, dès lors, les actions et la lutte des travailleurs de VW pour défendre leur emploi et le maintien de l’outil. On a que trop perdu d’emplois dans ce pays, sans en créer de nouveaux et en laissant des régions entières avec des taux de chômage de plus de 30%.

Certes, le pouvoir des multinationales est scandaleux et celles-ci peuvent se croire tout permis. Car Volkswagen n’est nullement en perte. En 2005, elle a réalisé un bénéfice net d’environ 1,1 milliard d’euros. Sur les neuf premiers mois de l’année, les résultats se sont encore accrus de 75%.

Mais ce n’est pas suffisant pour la direction et le nouvel actionnaire en puissance, la famille Porsche, l’une des plus riches d’Europe. Leur objectif est d’obtenir un profit avant impôt de 5,1 milliards d’euros. Ils sont loin du compte. C’est pour cela qu’ils suppriment 20.000 emplois en Allemagne. C’est pour cela qu’ils ferment l’usine de Forest.

Face à ces projets, la réponse des gouvernants reste lamentable. Tout ce qu’ils proposent est de critiquer les Allemands pour leur « nationalisme » et d’obtenir un bon plan social. Mais quel meilleur plan que celui de conserver son emploi ? Surtout dans un univers de chômage et d’emplois précaires.

Pourtant, il existe des solutions. Face aux multinationales, il y a des moyens de rétorsion. On pourrait réclamer le remboursement des aides publiques à l’emploi, puisqu’il n’y a plus d’emplois. Cela porte sur plusieurs millions d’euros.

Il serait possible d’imposer à Volkswagen des règles plus contraignantes : permettre aux délégations syndicales de poser un veto face à de tels plans de restructurations, obliger le reclassement de tous les salariés victimes aux frais de VW…

Mais toutes ces solutions sont d’emblée rejetées par les hommes politiques aux gouvernements. Ils préfèrent laisser toute liberté aux multinationales et aux sociétés financières. Mais cette liberté est un carcan pour les salariés.

De la même manière qu’Attac a voulu montrer qu’il y avait moyen d’agir face à la mondialisation capitaliste et libérale, elle prône la lutte contre le défaitisme et le pessimisme. Une autre politique de l’emploi est possible. Elle commence par la défense des postes et des outils existants.


SPIP