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jeudi 18 janvier

Cinéma d’Attac : HIJOS de Marco Bechis

Pourquoi les ex-dictateurs sud-américains meurent-ils tous dans leur lit ?


à 21 heures 30 à l’Arenberg (26, Galerie de la Reine)

HIJOS

Un film de Marco BECHIS réalisé en 2001 (Italie)

Un film-événement sur « le crime » des crimes commis sous la dictature argentine. Le cas des prisonnières politiques dépossédées de leur nouveau-né, avant d’être torturées et mises à mort.

Par l’auteur du formidable « Garage Olimpo »…

Dès 20 heures 30, le DÉBAT :
POURQUOI LES EX-DICTATEURS SUD-AMÉRICAINS MEURENT-ILS TOUS DANS LEUR LIT ?

avec entre autres :

- Claudio GUTHMANN, membre du CIDAL (Comité contre l’Impunité et pour la Démocratie en Amérique Latine)


RAPT DE NOUVEAUX-NÉS

AU PROFIT DES HAUTS DIGNITAIRES DE LA JUNTE

Entre 1976 et 1983, la junte gouvernée par le général Rafael Videla met en place un véritable trafic de nouveaux-nés. Les militaires argentins vont ainsi faire installer des maternités clandestines dans la capitale pour les prisonnières enceintes. Y compris au sein de la sinistre Ecole de mécanique de la Marine. Après leur accouchement, les mères seront exécutées et leurs enfants confiés à des familles stériles de militaires ou de proches du régime.

Il a cependant fallu attendre plus de 20 ans après l’écroulement de la dictature pour qu’en 2004 le Congrès argentin adopte enfin une loi indemnisant les enfants nés en captivité de parents disparus ou de détenus politiques…

CINQ CENTS. Le nombre de cas prouvés d’enfants nés en captivité en raison des convictions politiques de leurs parents se monte à 270, mais la substitution d’identité a été confirmée dans 320 cas et il est désormais établi qu’au moins 500 enfants ont été volés. À elle seule, l’Association des Grands-mères de la place de Mai, qui regroupe les proches des disparus de la dictature, a déjà retrouvé 73 d’entre eux.

Dans Hijos, Marco Bechis aborde donc la dictature sous l’angle de l’héritage en ouvrant son film… à Milan. C’est là, en effet, que Javier –fils d’un couple mixte, italo-argentin– vit avec ses parents. Jusqu’à ce que débarque, dans leur existence, une jeune Argentine qui prétend être sa sœur jumelle… Une histoire qui s’inspire de la propre trajectoire de vie du cinéaste puisque Mario Bechis est né au Chili où il a passé son enfance entre Sao Polo et Buenos Aires. Après le coup d’Étaten Argentine, il est incarcéré dans un camp de concentration, le Club Atletico, de triste réputation. À la suite de cette séquestration pour motifs politiques, il s’exile en Italie où il hésite entre l’enseignement et la photographie. En 1991, il réalise son premier long métrage Alambrado. Cependant, il est surtout connu pour Garage Olimpo (1999), film qui lui permet de témoigner de la torture systématique –dont l’Ecole de mécanique de la Marine s’était fait le siège central.

« AUSCHWITZ ARGENTIN ». Cet édifice de couleur blanche , situé dans l’Avenida Libertador, entre le Rio de la Plata et le stade du River Plate (où l’équipe de football argentine a gagné en 1978 le Championnat du monde, dans le silence complice et indifférent des opinions publiques internationales), était devenu le symbole des atrocités commises durant la dictature : une sorte d’« Auschwitz argentin » où ont transité des milliers de « subversifs »…, des hommes, des femmes, mais aussi des enfants, torturés d’abord, puis embarqués dans les avions de la mort et jetés, encore vivants, dans les eaux du fleuve ou de l’océan.

En 2001, Bechis revient avec Hijos qui explore une nouvelle fois les rapports familiaux déchirés par l’horreur d’un passé qui décidément ne passe pas… Jean FLINKER


Prix d’entrée : 6,6 euros y compris pour le débat (sauf les Article 27)


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